Arrivés aux aurores dans la ville, nous finirons la nuit en compagnie de deux petites dames sur les bancs de la place principale et aurons le plaisir de voir le soleil se lever sur l'église, lui donnant de jolies couleurs dorées. La particularité de celle-ci est qu'elle est entièrement construite en pierre contrairement à ses consœurs, toutes de bois vêtues. Ici, nous apprécierons avant tout la délicatesse des peintures qui habillent les murs de nombreuses pièces devenues musée.
L'ensemble de notre séjour dans cette partie de la Bolivie ne nous permettra pas d'entrer en profondeur dans l'histoire des Chiquitanos et de comprendre le regard qu'ils portent aujourd'hui sur cette partie de leur histoire. Nos lectures nous donneront un aperçu plutôt positif de l'influence des missionnaires qui auraient permis de développer la culture Chiquitana autour de l'artisanat et de la musique classique (vecteur d'évangélisation) en exploitant les dons innés des peuples autochtones.
Il nous semble pourtant que l'histoire est plus sombre que cela. Nous aurions aimé croiser un regard critique, aurions aimé savoir si un syncrétisme est né de l'évangélisation, si les cultes indigènes sont encore ancrés dans les moeurs. Nous avons essayé ici et là de poser des questions dans parvenir à obtenir de réponse.
C'est aussi parfois ainsi le voyage... il faut accepter que tout ne se dévoile pas à la première rencontre.
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San Miguel, la plus belle
Avec son clocher de pierre, son beau jardin, ses façades chargées et sa charpente peinte, San Miguel reste pour nous la plus belle. Nos efforts pour la rejoindre n'auront pas été vains, une jolie récompense dont nous profiterons avec joie.
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San Ignacio de Velasco
Il faut bien avouer qu'à part l'ancienne mission Jésuite, San Ignacio deVelasco ne nous aura pas réellement charmés.
C'est au détour d'un hôtel en construction aux poteaux sculptés avec beaucoup de sensibilité que l'on en apprendra un peu plus sur la "mythologie" de la culture Chiquitana grâce à un petit monsieur qui passera plus d'une demi heure à nous expliquer son travail avec beaucoup d'entrain et de fierté.
A l'extérieur de la ville nous visiterons la Cueva del Yeso, grotte constituée de mica que les missionnaires utilisaient pour la réalisation des enduits et motifs peints des bâtiments. .
Arriver à Concepcion
Après l'Amazonie nous nous dirigeons vers l'est de la Bolivie et la région de la Gran Chiquitana afin de pouvoir visiter les anciennes missions Jésuites.
Ce n'est qu'après 27 heures de transport, 2 bus, 3 collectivos, 1 traversée de fleuve épique, beaucoup d'informations contradictoires, autant d'attente et quelques signes d'épuisement nerveux que nous arriverons à Concepcion. Nous retomberons en cours de route sur Mirka, que nous avions rencontrée la veille lors de notre faux départ de Rurrenabaque.
Il y a des endroits qui demandent plus d'efforts que d'autres afin d'être ralliés...on constatera surtout que la route la plus "directe" pour aller d'un point A à un point B n'est pas toujours la meilleure. La réalité se fiche pas mal des cartes et de la logique. Parfois, il faut juste faire avec.
C'est aux alentours de minuit et dans une ambiance de fin de fête que nous arpenterons la ville à la recherche d'un lit...chose peu aisée en pleine célébration de l'orchidée. La majorité des hostels affichent complets. Nous finirons dans un dortoir ne payant pas de mine tenu par un papi bienveillant et fort sympathique...nous nous y sentirons finalement plutôt bien.
Le lendemain, nous découvrirons une petite ville agréable avec sa grande place centrale arborée, ses rues en terre rouge, ses trottoirs abrités par des coursives aux boiseries finement sculptées et son ancienne mission Jésuite parfaitement restaurée à l'initiative de Hans Roth (architecte suisse initiateur de la restauration de l'ensemble des missions jésuites depuis le début des années 70).
Toutes les missions que nous visiterons ont à peu près la même organisation: une église qui donne sur une grande place principale; des bâtiments ecclésiastiques qui jouxtent l'église et s'organisent autour d'un immense patio central; des circulations extérieures sous coursives qui distribuent l'ensemble de la mission.
La spécificité des Missions Boliviennes (en comparaison à celles du Paraguay et d'Argentine) est qu'elles sont toutes construites en bois. L'ensemble des bâtiments est réalisé dans un style mêlant baroque européen et motifs ou figures de la culture Chiquitana, créant un tout métissé et assez harmonieux.
Nous arrêtons là avec les descriptions et vous laissons avec quelques images. (Pour en savoir plus sur les missions Jésuites Boliviennes, vous pouvez vous rendre ici.)
Nous vous conseillons de voir le film "Mission" de Roland Joffé, qui retrace l'histoire de cette région et l'évangélisation forcée des Chiquitanos par les prêtres jésuites durant la fin du XVIIeme siècle jusqu'au milieu du XVIIIeme siècle. .
