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Ne rien faire



Comment raconter le néant?
Parce qu'en résumé, notre dernière étape laotienne a été remplie de rien.
Paralysés par la chaleur, nous sommes restés somnolents à Don Khon, l'une des 4 000 iles situées sur le mékong à l'extrême sud du pays (sachant que certaines iles se résument à quelques touffes de végétation émergeant du fleuve).
Il parait que les 4 000 iles sont belles. Nous ne sauront vous en dire plus. Il nous était impossible d'imaginer monter sur un vélo au vu de nos postérieurs endoloris par nos 7 derniers jours à moto. Alors nous nous sommes posés. Nous avons erré de notre terrasse à celle du restaurant, fait des pauses papotage avec Pierre, Greg et Fanny, trempé nos corps inertes dans le Mékong pour ensuite reprendre place sur notre terrasse un bon bouquin à la main.
Nous n'avons rien fait, rien découvert. Mais vous voulez savoir le pire...on ne culpabilise même pas.
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La douce Champasak


Aujourd'hui on vous emmène à Champasak. Village paisible posé en bord de Mékong. On y croise d'anciennes villas coloniales à la peinture écaillée et au buste fier, des vaches se promenant à leur guise sur un bitume brûlant et des chiens aux sourcils bien dessinés par on se sait quel enfant espiègle. Champasak est belle, à l'image du site pré-angkorien qu'elle abrite à sa périphérie.

Ce ne sont pas tant les temples qui nous impressionneront ici, mais l'harmonie du lieu: une grande allée bordée de statuettes, une colline sur laquelle on grimpe par un escalier aux pas de géants, des frangipaniers en fleurs qui bordent le chemin et enserrent les pierres de leurs racines tentaculaires, quelques moines se recueillant et une vue splendide sur la plaine qui s'étend jusqu'au fleuve. Le silence règne, nous nous en délectons.
Champasak est l'un de ces endroits charmants où l'on se serait bien arrêtés plus longtemps, mais notre séjour au Laos touchait bientôt à sa fin, il nous fallait partir...
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Cascades à foison dans les Bolovens



Il fallait bien défier le sort et ne pas laisser les mauvaises ondes nous gagner. Les mésaventures sont passées et l'on ne peut tout bonnement pas vivre deux fois la même histoire.
C'est donc armés de nos karmas les plus positifs que nous regrimpons sur une moto à la découverte du plateau des Bolovens durant trois jours.
Nous arpenterons cette région, à nouveau le museau au vent et parfois même sous la pluie. Ici, cascades et chutes d'eau sont les reines du spectacle. La nature est luxuriante, les forêts s'étendent à perte de vue et la déforestation prend parfois une part importante dans le paysage.
Nous croiserons sur notre chemin le Bérichon du Mékong -comme il s'amuse à s'appeler- un personnage atypique de 70 ans ayant vécu plus  de 50 ans en France et revenu dans son pays natal pour en faire profiter l'économie locale. Construction d'école et développement touristique, le monsieur ne lésine pas sur son investissement. Nous aurons bien du mal à esquiver son attention pour reprendre la route et surtout éviter ses légendaires lao-lao arrangés (alcool de riz) qui peuvent clouer à terre tout voyageur emporté par le bagou et le sourire de ce Mr Inpong.

Entre baignades et  contemplation, ces trois jours passeront bien vite. Sans chute ni anicroche, nous sortirons indemnes de cette nouvelle escapade...nous avons eu raison de persévérer, la malchance nous avait enfin quittés.
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Thakhek...fin de l'histoire



Nous y voilà, à cette dernière journée. A la fin de l'histoire et à son dénouement si prévisible que l'on refusait de trop y penser. Le début de matinée sera calme. Profiter d'un moment paisible sur la rivière au centre de la Konglor cave. Il est tôt et nous sommes seuls à naviguer dans le noir pour découvrir ce lieu majestueux, ses pleins et ses vides, ses odeurs et sa fraicheur.
Deux heures passent au gré de l'eau et nous font oublier ce qui nous attend... Mais nous ne pourrons repousser indéfiniment le départ. Il est 10 heures. Plus de 140 kilomètres nous séparent de Thakhek et de la fin de cette boucle motorisée.

L'histoire nous conduit à nouveau à travers des paysages qui régalent nos mirettes. Quitte à vivre un cauchemar, autant que son environnement soit joli. Nous n'avons aucune illusion et mes yeux restent rivés sur le compteur qui avale les kilomètres. Appréhension du chiffre 80.
Réglée comme du papier à musique, notre moto nous fait défaut à 81km. Autre journée, même scénario. Nos muscles se souviennent encore des poussées des jours passés, il ne sera pas bien compliqué de se remettre dans le bain. Après une quinzaine de minutes nous voilà dans le même cirque. Réparer. Expliquer le nombre de crevaisons. Expliquer que ce n'est pas normal. Montrer la gente défectueuse aperçue dès le premier jour. Pointer du doigt le pneu... rien n'y fait. La barrière de la langue est belle et bien là, nous ne pourrons que continuer à la subir.

Chambre à air changée. Remonter en selle. Croiser les doigts. Puis s'arrêter. Vérifier que tout va bien. Remonter en selle et finir par crever à nouveau une vingtaine de kilomètres plus loin.
Il fait chaud. Nos esprits sont peu à peu épuisés par le scénario dans lequel nous sommes enrôlés de force. Pousser. Voir défiler des dizaines de pickup flambants neufs. Faire du stop en vain. Laisser quelques larmes couler d'épuisement. Pousser pour passer cette satanée colline qui nous fait face. Après une heure, expliquer, négocier, réparer puis repartir la peur au ventre. Combien de kilomètres défileront cette fois ci?

On dit qu'après la pluie vient le beau temps. Métaphoriquement parlant, ce ne sera pas pour nous...d'un point de vue littéral non plus d'ailleurs. L'histoire aura décidé d'inverser les éléments et de mettre sur notre chemin un orage déchainé déversant ses rafales de pluie sur un paysage aride. Nous continuons de rouler pour contrer le mauvais sort. Bientôt incapables de voir quoi que ce soit nous n'auront d'autre choix que de nous abriter dans l'attente d'une accalmie.
Une heure passe. La pluie tombe toujours mais moins violemment. Il est déjà 16h et commençons alors à courir après le jour. Une course perdue d'avance. La nuit ne tardera pas à nous rattraper et emmènera avec elle une pluie infatigable.
Plus que 40km. Tenter de positiver. "Nous avons peut être une chance non?". Non. Aucune chance. Aucune illusion. C'est au milieu de la campagne en pleine nuit et sous le déluge que nous crevons à nouveau. Ereintés, irrités, désespérés, nous poussons, éclairons et klaxonons les pickups qui nous doublent à vive allure dans l'espoir que l'un d'entre eux s'arrête.
Personne. Nuit noire. Personne ne s'arrêtera. Finir par se poser à côté d'une petite cabane éclairée pour tenter d'alpaguer une camionnette. Rien. Pas de réaction. Nous nous voyons déjà dormir ici, au milieu de nulle part et dans l'humidité.
Incantations magiques, insultes à bouddha et aux laos, ce peuple qui prie quotidiennement en donnant du riz à manger à des statues de pierre et ne sait pas s'arrêter pour aider un vivant... moment d'égarement pas très glorieux que l'on avoue sans fierté...

C'est alors plein de désespoir que nous tendons le pouce une dernière fois avant capitulation. Une dernière fois qui nous fera retrouver le sourire. Une camionnette qui s'arrête. Des visages aimables. Un oui qui réchauffe. Monter la moto et se faufiler dans la cabine, étroite mais réconfortante. Nos bonnes étoiles sont deux jeunes vietnamiens que l'on n'aura de cesse de remercier. Lorsque l'on se remémore notre ressentiment du mois passé au Vietnam, on se dit que l'histoire est taquine et aime tordre le coup aux préjugés.

Arriver enfin  à Thakhek. Rendre la moto et se réjouir de pouvoir prendre une bonne douche, un bon repas et se reposer enfin de ces mésaventures dans la chambre que nous avions réservée.
Mais l'histoire nous souhaitait pas nous lâcher ainsi. Réservation mal comprise. Pas de réservation. Guesthouse complète... Il y a des moments où l'on se demande pourquoi rien ne semble tourner rond. Comme le dirait notre ami Québécois Paul:  "Ça n'a pas de bon sens une malchance pareille"... et il a raison, ça n'a vraiment pas de bon sens.

Il est 21h30 lorsque l'on se pose enfin après avoir longuement marché, sac sur le dos et vêtements trempés pour trouver notre refuge.
Il est 21h30. Il ne nous reste plus qu'à fermer les yeux et attendre que le temps passe pour clôturer cette histoire qui ne nous aura pas épargnés. On ne regrette pas. Les paysage en valaient la peine. On sait aussi que l'on en sourira...Pour l'instant, on digère.
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Thakhek jour 2: disque rayé



L'histoire de cette seconde journée commençait plutôt bien: croissant au petit déjeuner et air frai promettant une balade des plus agréables. Bientôt nous reprenons la route toujours entourés de ces paysages désolés mais fascinants d'arbres décharnés au milieu d'étendues d'eau. Quelques feux crépitent dans la forêt en laissant s'échapper des effluves de bois de santal, odeur délicieuse qui réjouit nos narines.
Puis vient le temps de la première crevaison. 80km depuis le matin. L'histoire semble se répéter. Nous sommes au milieu de nulle part, pas un village à l'horizon. Il faudra pousser. Pousser pendant plus d'une heure sous un soleil de plomb. Négocier le prix, regarder le changement de la chambre à air puis repartir.

Les réjouissances n'auront pas duré bien longtemps. A peine 30km plus tard, l'histoire aura envie de tourner en boucle. Le disque semblait bel et bien rayé. Pousser à nouveau la moto durant quelques kilomètres, trouver un réparateur sous l’œil rieur des habitants semblant prendre plaisir à notre déroute sans méchanceté aucune. Ne pas y prêter attention, garder le sourire et se moquer de la situation.
En dix minutes notre bolide est prêt à repartir pour crever à nouveau une vingtaine de kilomètres plus loin. Rebelotte. Ce petit jeu commence à nous lasser mais nous poussons, réparerons et repartons...pour seulement deux kilomètres. Revenir en arrière, pousser et réparer. Nous pourrions aisément écrire une thèse sur l'art du changement de chambre à air. Chaque réparateur a sa propre technique, certains étant bien plus agiles que d'autres. Nous assistions impassibles à ces danses plus ou moins bien huilées, un spectacle divertissant mais à petite dose.

Après quatre crevaisons, c'est aux dernières lueurs du jour que nous arrivons à Konglor, petit village paisible niché dans un cadre splendide. Nous nous posons enfin autour d'une bière plus que méritée avec en arrière pensée la rengaine désagréable planant au dessus de la suite de l'histoire. Mais l'heure était au repos et à la tentative de positivisme afin de faire briller notre bonne étoile.
Nous nous sommes malgré tout permis de douter de l'adage selon lequel "demain est un autre jour" et devinez quoi...nous avons bien fait.
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Thakhek, début d'une histoire avec couac



C'est une histoire qui commence par un mauvais pressentiment. Une moto que l'on trouve douteuse mais que l'on prend quand même afin de ne pas passer pour le touriste pinailleur.
L'histoire se poursuit au milieu de paysages faits de montagnes karstiques perdues dans une brume causée par les nombreux champs en feu qui croisent notre chemin. La culture sur brulis est omniprésente depuis nos tous débuts au Laos et ce n'est pas la première fois que nous la subissons. L'atmosphère est chargée mais la route est belle. Ici et là se cachent des grottes majestueuses offrant un refuge fait de lumières magiques et douce fraicheur.
Nous roulons, le museau au vent et le sourire aux lèvres. Libres et contemplateurs.
Puis vient le temps de la crevaison, du premier poussé de moto et du premier réparateur. Appréhendant une autre mésaventure, nous reprenons malgré tout la route qui déroule maintenant ses lacets entre montagne et verdure pour nous mener, en fin de journée, dans un environnement surréaliste ponctué d'arbres morts et de lac endormi au bord duquel quelques pêcheurs s'affairent, des femmes ramassent des coquillages et des enfants s'amusent au milieu des vaches qui paissent.
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Une capitale hors du commun



Pour nous, mettre les pieds dans une capitale c'est comme devenir une fourmi au milieu de tant d'autres, une expérience faite d'effervescence, de bruit, de pollution et de rapidité. Mais ici rien n'est pareil. On arrive à Vientiane comme on arrive partout ailleurs au Laos: dans le calme. Il faut aussi dire que nous y étions le weekend après Pi Mai et que la ville devait certainement se reposer après avoir vécu quelques jours de fête bien arrosés.

Nous ferons une petite escapade au Bouddha Parc par un temps lourd et orageux (les photos ne rendent d'ailleurs pas grand chose), lieu créé de toute pièce à la fin des années 50 par Bounleua Soulilat, un original dont la vie est emprunte de légende et de mysticisme. Il en résulte un espace où foisonnent d'immenses sculptures représentatives des divinités bouddhistes et hindoues qui laisse tout à la fois admiratif et interrogateur face à tant de "mégalomanie" religieuse.

Entre deux promenades dans les rues tranquilles de la ville, nous nous arrêterons au magnifique Vat Sisakhet, sorte de cloitre reposant dont les épais murs périphériques sont creusées de niches accueillant plus de 2 000 statuettes à l’effigie de Bouddha. Notre réticence initiale face à une énième visite de temple laissera place à un réel enthousiasme suite à sa découverte. Nous nous réjouirons alors de ne pas avoir cédé à l'appel de l'oisiveté qui peut parfois nous attirer lorsque le mercure s'emballe et que la moiteur devient alors le seul état que votre corps connait.

Nous terminerons notre séjour ici par une soirée reposante dans un joli restaurant italien à se délecter d'une pizza au prix indécent mais au goût admirable et de profiteroles revisitées sans chocolat mais enrobées d'une chantilly vaporeuse et parfaitement sucrée (parole de quelqu'un qui n'aime pas la chantilly). Nous avions bien besoin de ce moment feutré dans une atmosphère jazzy pour nous faire oublier notre lit grouillant de punaises dans une guesthouse laissant à désirer...
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Pi Mai à Vang Vieng



Même si sa réputation s'est un peu assagit, Vang Vieng demeure connue pour être une ville où l'alcool coule à flot et où le touriste se remplit narines et gosier de psychotropes en tout genre les fesses dans la rivière et toujours trop courtement vêtu pour qui connait la pudeur laotienne. Le tableau ne nous tentait guère mais le nouvel an approchait à grand pas et Vang Vieng semblait alors nous tendre les bras sur notre itinéraire nous menant vers le sud. C'est donc ainsi que nous nous sommes retrouvés ici pour vivre ce fameux Pi Mai (prononcer "pimaille").
Caractérisée par un grand capharnaüm, la "fête de l'eau" célèbre l'arrivée  des nouveaux esprits et la fin proche de la saison sèche. Le pays s'arrête alors de vivre pour se transformer en pataugeoire géante où à chaque coin de rue ou de campagne, seaux et pistolets vous détrempent des pieds à la tête en vous faisant oublier la chaleur dans une bonne humeur communicative.
Aujourd'hui, ce nouvel an est surtout un joli prétexte pour les laotiens afin de se retrouver en famille ou entre amis durant plusieurs jours au son d'une sono crachant une pop-lao à des décibels inégalés autour de quelques hectolitres de bière.

Afin d'échapper le temps d'une journée au brouhaha ambiant, nous sillonnerons la jolie campagne au milieu de laquelle est nichée cette ville sans grand intérêt.
Le lendemain, nous finirons par nous faire embusquer par une famille venue de Vientiane, bien décidée à nous mettre au parfum de l'un de ces après midi festifs à la mode lao où il est interdit de dire non et où le verre de bière ne désemplit jamais malgré les nombreuses gorgées déjà avalées.
C'est donc de l'eau jusqu'aux cuisses assis dans la Nam Xong que nous passerons un bon moment au milieu des locaux déjà bien enivrés, à essayer de comprendre l'anglais approximatif de nos charmants hôtes, à tenter de boire modérément ou à jouer avec les enfants ravis de déambuler au milieu de cette joyeuse anarchie.

Il y a durant le voyage, des arrêts inattendus, des arrêts improvisés ou obligés qui finissent parfois par être agréables malgré l'apriori souvent négatif qui les précédaient. Ici ou ailleurs, Pi Mai est festif... il suffisait simplement de se laisser porter pour apprécier.

Pas de photos de batailles d'eau...notre appareil n'aurait pas survécu.
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Pause historique et mystérieuse



Aujourd'hui, nous vous emmenons à Phonsavan, ville nichée à 1000 mètres d'altitude au coeur de la vallonnée province du Xieng Khouang. On ne peut pas dire que la ville soit charmante, mais au regard de son douloureux passé, nous ne lui en tiendrons pas rigueur.
Entre 1964 et 1973, les États Unis ont mené ici un combat que la CIA appellera "guerre secrète" visant à neutraliser la "piste Ho Chi Minh" utilisée pour le ravitaillement des troupes communistes vietnamiennes. Ces assauts américains ont fait du Laos le pays le plus bombardé au monde. Durant neuf ans, une mission de bombardement avait lieu toutes les 8 minutes, 24h/24. Au total, ce ne sont pas moins de 270 millions de "bombilles" (ou bombes à fragmentation) qui ont été lâchées sur le pays dont 30% n'ont jamais explosé...le calcul est vite fait: 80 millions de bombes encore intactes parsemaient le territoire à la fin de la guerre causant encore de nombreux décès chaque année (50 000 entre 1974 et 2008).
Des ONG sont toujours présentes sur place afin de déminer la région de Phonsavan. Rien que sur le site n°1 de la Plaine des Jarres, plus de 130 UXO (unexploded ordonance ou engin n'ayant pas explosé) ont été excavés. Malheureusement pour nous, leur centre d'information était fermé lors de notre passage. Nous savions qu'au Laos comme au Cambodge, sortir des sentiers battus comporte quelques risques...nous nous abstiendrons.

Je ne fais que rarement allusion à l'histoire des pays que nous traversons, les livres et autres encyclopédies sont bien mieux placées que moi pour vous en révéler l'essence avec justesse et précision. Seulement, certains lieux ne peuvent être approchés sans que l'on évoque ce qu'ils ont vécu; j'avais pour une fois envie de partager un peu de cette histoire qui résonne encore aujourd'hui dans le paysage Laotien et en affecte sa population.

Mais revenons en à nos moutons, car vous l'aurez compris, nous ne sommes pas venus à Phonsavan pour risquer de se voir amputés par d'anciennes mines américaines en battant la campagne alentour. Non, si nous nous sommes déplacés jusqu'ici c'est avant tout pour découvrir la fameuse Plaine des Jarres. Ma condition de femme fera que nous ne pourrons louer de moto pour nous rendre jusqu'aux site les plus reculés, le loueur n'étant pas à l'aise avec l'idée que je sois la conductrice. Nous nous contenterons donc, avec une pincée de frustration, de rejoindre le site n°1 à vélo constatant à la force des mollets que la Plaine des Jarres est en réalité un peu trop vallonnée à notre gout pensant alors que par souci d'honnêteté il ne serait pas superflu de songer à la renommer.
Arrivés sur place, nous cheminerons au milieu de ces jarres en pierre aux tailles variées disséminées dans une nature verdoyante. Des trophées remplis d'alcool de riz pour célébrer la victoire du roi Khun Jueang sur son cruel oppresseur Chao Ankha au Veme et VIeme siècle aux coupes pour Géants, ces jarres demeurent l'objet de nombreuses légendes locales qui tentent d'en expliquer l'origine et le rôle.
Dans les années 30, Madeleine Colani sera la première à étudier les jarres pour les entrevoir comme des urnes funéraires, hypothèse souvent reprise par la suite lors des nombreuses études archéologiques que connaitra le site.
Cependant, on ignore toujours aujourd'hui comment ces jarres pouvant peser jusqu'à plusieurs tonnes ont été transportées dans les différents sites de la région.

En se promenant à leur côté et en observant leur puissance nous ne pouvons que nous réjouir des rêveries qu'elles provoquent en se disant qu'il est bien agréable dans un monde où plus rien ne semble avoir de secret, que certaines choses ne nous aient pas encore révélé tout leur mystère...
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Dans les environs de Luang Prabang



Il y a longtemps, j'avais lu qu'il existait dans les environs de la ville,un petit village de tisserandes au travail admirable. Cette information était tapie dans un tiroir de mon cerveau et n'aura pas pris beaucoup de temps à refaire surface.
Depuis que nous sommes arrivés au Laos nous avons pu prendre toute la mesure de l'omniprésence du travail textile dans la société. Chez les ethnies Hmong comme Lao, le tissage est une tradition qui perdure, affirmant ainsi des identités différentes à travers une variété de motifs, de matières (coton, chanvre, soie) de teintures naturelles (la région de Luang Prabang étant connue pour son indigo) et tissages bien spécifiques. Nous ne pouvions résolument pas manquer cela et parcourrons donc la campagne avoisinante à bicyclette sous un ciel gris et orageux qui ne saura malheureusement pas rafraichir l'atmosphère et soulager notre peine.

En chemin, nous ferons une halte pour visiter un joli temple perché sur une colline aux pieds de laquelle coule le Mékong. Il nous faudra une bonne heure de conduite sur une piste poussiéreuse et en piteux état avant d'arriver au village promis. Nous y resterons subjugués par les pièces somptueuses recouvrant les étales des boutiques visitées de la même manière que lorsque j'étais petite je m'extasiais devant une jolie paire de souliers vernis... oui, à l'époque j'étais très girly.
Écharpes, tentures, nappes et tapis, tous ces tissus ainsi alignés seront autant de frustration pour les voyageurs au sac déjà bien trop lourd que nous sommes. Soit, le plaisir des yeux étant plutôt léger, nous en profiterons et passerons un moment à observer une tisseuse à l’œuvre sur un métier à tisser qui ferait pâlir d'envie ma sœurette.

Le lendemain, nous nous rendrons à la fameuse cascade de Kuang Si située à 45 minutes de la ville en tuktuk. Nous découvrirons à l'entrée du parc l’existence d'un centre de protection des ours à collier blanc (...petite incertitude quant à leur nom) qui se résume en un enclos bien trop petit dans lesquels sont exposés une dizaine d'ours léthargiques, ballottant dans des hamacs ou ronflant sur des plateformes en bois en attendant l'heure du repas avec une impatience bien dissimulée. Le spectacle se révèlera triste à nos yeux et ne pourra que nous interroger sur cette notion de "centre de protection".
Personnellement, si j'étais ours, je préfèrerai courir le risque de voir mon espèce disparaitre en pleine nature plutôt que d'avoir à vivre dans de telles conditions...mais je ne suis pas ours et clos donc cet aparté animalier pour vous laisser découvrir en image les magnifiques chutes et leurs eaux d'un bleu éclatant qui, à elles seules, valaient amplement le détour.
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Sous le charme de Luang Prabang



On se promène dans Luang Prabang un peu comme on le ferait dans un musée. Le vieux quartier de l'ancienne capitale royale distille une histoire  riche où s'entremêlent architecture coloniale et temples bouddhistes de toute beauté.

Certains pourront la trouver un peu trop proprette, à l'image de toutes ces villes classées patrimoine de l'Unesco. Cependant, si l'on prend le temps de quitter son artère principale où restaurants chics (qui soit dit en passant nous faisaient bien envie) et boutiques touristiques se côtoient, on déambule alors dans de petites venelles où la vie quotidienne reprend ses droits, un peu plus désordonnée et toujours aussi agréable à observer.
En longeant le Mékong ou la Nam Khan accompagnés de petits moines tout d'orange vétus, en s'émerveillant du Wat Xieng Thong dans la douceur des fins de journées ou en arpentant son marché à la nuit tombée, nous avons été charmés par cette ville qui conte mille époques dans lesquelles nous imaginions bien nous replonger.
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Dans les environs de Muang Ngoi



A l'origine, nous voulions partir faire une promenade. Marcher trois jours durant dans les environs de Muang Ngoi, découvrir les villages Hmong et Khamu qui trônent un peu plus loin entre rizières et montagnes. Nous avions envie de nous dépenser. Nous sentir actifs et non transportés sans efforts d'un point à un autre. Nous avions envie, c'était au début. Nous nous sentions reposés et forts, tout du moins bien assez pour supporter la chaleur étouffante qui immobilise pourtant toute forme de vie entre midi et 17h.
Nous sommes donc partis après avoir fait un tour sur le marché de Muang Ngoi et goutté avec plaisir à l'agitation qu'il crée au lever du jour pour laisser place à un calme déconcertant dès neuf heures du matin. Le fond de l'air était encore agréable à cette heure là et les paysages traversés plein de charme quoiqu'un peu secs. Nous nous sommes plus à imaginer leur beauté à la saison où les rizières offrent leur vert éclatant et les arbres leurs plus belles feuilles.
Bientôt, nous arriverons à Ban Na, village endormi où chiots et petits canards jouent ensemble, où grand mère moud le riz tel un métronome donnant la cadence, où l'ail sèche au soleil et où la lenteur devient un mode de vie à part entière.

La suite de l'histoire nous guidera à travers une nature aux couleurs chaudes, nous fera traverser une rivière au milieu d'une nuée de papillons attirés par ses berges humides, pour enfin nous mener à Huay Bo, village Khamu paisible où nous retrouverons les mêmes scènes de la vie quotidienne qu'à Ban Na.
Nous reprendrons la route après le déjeuné mais capitulerons après trois heures de marche, exténués par la chaleur et craintifs de ne pas réussir à relier Ban Phonh avant la tombée du jour.
C'est donc à Huay Bo que nous élirons domicile pour la nuit. J'en profiterai pour m'initier à la douche Lao en bord de rivière sous les jaillissements d'eau détournée dans de longues tiges de bambou creusé. Drapée de mon paréo, je me découvrirai un caractère quelque peu empoté lorsqu'il s'agir de se laver sans montrer le moindre centimètre de peau sous l'oeil curieux et souriant de quelques fillettes et garçons attendant leur tour. Je finirai tout de même par apprécier le moment en me délectant de cette fraicheur providentielle enfin retrouvée.

Nos trois jours de randonnée s'arrêteront finalement ici, anesthésiés aussi bien par le climat que par l'indescriptible torpeur planant dans l'air laotien...

C'est à Muang Ngoi que nous profiteront de notre dernière soirée dans la région en compagnie d'Ann, australienne quinqua pleine de douceur ainsi que de Jacques, un saltimbanque touchant et apaisant, pour nous régaler d'un curry de citrouille, met qui nous enchantera tellement qu'il nous est encore possible aujourd'hui d'en avoir l'eau à la bouche...
Il est des lieux que l'on quitte sans envie, c'est aussi fait de cela le voyage. Luang Prabang nous attendait, elle promettait d'être belle...on vous la réserve pour la prochaine fois.
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La vie est un long fleuve tranquille



Nous sommes arrivés à Muang Ngoi (pronnoncer muangue noye) en voguant sur la Nam Ou. C'est après un voyage de quatre heures de bateau (ou plutôt barque motorisée) à être assis sur une planche en bois dont nos popotins se souviennent encore que nous avons été déposés dans ce village paisible aux chemins de terre rouge et où la vie semble suspendue.
Il faisait chaud. Presque quarante degrés. Nous avons trouvé un bungalow pas très grand mais relativement confortable donnant sur un bras de rivière dans lequel buffles et canards se faisaient un plaisir de barboter au coucher du soleil.
Même si nous sommes hors saison, on sent que le village vit du tourisme. Il n'en demeure pas moins un havre de paix où il fait bon flâner au milieu des fillettes jouant au houla-hoop, des poules picoreuses, des chiens câlins ou des champs entourés de montagnes aux formes typiquement asiatiques.

A la tombée du jour, toute la ville se redessine en se parant de couleurs rose-orangées pour devenir le théâtre d'un quotidien plein de poésie. Les bords de la rivière s’animent, femmes et fillettes y descendent, panier à la main, pour se laver en toute pudeur drapées de leurs magnifiques sarong (pièce de tissu traditionnelle laotienne cousue en forme de tube et servant généralement de jupe). Les derniers bateaux on jeté l'ancre, l'eau devient calme.

A Muang Ngoi, la vie est bel et bien un long fleuve tranquille... nous irons voir aux alentours si elle l'est tout autant... mais je garde ce récit pour la prochaine fois.
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Muang Khua, première pause Laotienne


Comme nous l'évoquions à la fin de notre dernier post, rejoindre le Laos  n'a pas été de tout repos. Notre visa Vietnamien expirant trois jours plus tard, nous avons enchainé les bus sur des routes montagneuses souvent en piètre état dans lesquels nous avons subi les vomissements réguliers des locaux n'ayant apparemment pas le cœur si bien accroché que nous. Nous avons été ravis de constater que les sachets de vomi finissaient toujours par la fenêtre quel que soit le lieu traversé. En rase campagne comme en plein village, on se déleste...il ne fait pas bon être piéton par ici.
Arrivés à Dien Bien Phu, nous avons courru après les dollars durant plusieurs heures (pensant qu'il était impossible de payer le visa laotien en kips, ce qui s'avèrera finalement possible) et avons atterri dans une bijouterie pour un échange des plus discrets. Nous prendrons enfin notre dernier transport très tôt le lendemain et rejoindrons Muang Khua en début d'après midi.

Autant vous dire qu'après ces trois jours marathon, nous étions ravis de pouvoir nous reposer toute une journée, goûter à l'atmosphère laotienne et apprécier le calme qui régnait dans ce village en bord de rivière.
Nous rencontrerons Alain, sexagénaire voyageur à la fois calme et plein d'énergie, avec qui nous flânerons dans le village en observant les détails de la vie quotidienne laotienne. Nous nous régalerons également des soupes et riz-légumes pris dans une petite gargote de rue ne payant pas de mine, tenue par un papi laotien tout sourire ravi de parler un peu français.

Cet arrêt à Muang Kua fut tout ce dont nous avions besoin. C'est avec du linge tout propre (ça fait du bien) et le corps reposé que l'on reprendra la route, ou devrais-je dire la rivière.... voyage à suivre.
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