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Phillipines, si c'était à refaire...



Jusque là, tout s'était toujours bien déroulé. Bifurquer, faire demi-tour, avancer plus vite... rien ne nous a jamais empêché de changer d'avis.... Voyager sans être bien organisé nous allait plutôt bien, il n'y avait pas de raison de se méfier.
Nous avons simplement négligé un petit détail: les Philippines sont un archipel de plus de 7000 îles. Et voyager dans un archipel, ça ne s'improvise pas, sauf si votre budget est sans limite bien évidement!

 A l'origine, nous devions également nous rendre sur l'ile de Bohol, rencontrer les Tarsiers (ces petits singes aux gros yeux), admirer les Chocolate Hills, faire un tour en forêt... Or il s'avère qu'acheter des billets d'avion une à deux semaines avant le décollage n'est pas donné même en passant par les compagnies low cost locales contrairement à tout ce que l'on peut lire ici et là.
Nous avons donc dû revoir nos envies en 5 minutes au comptoir de la compagnie aérienne.
"Tu crois que l'on fait quoi?"
"Je ne sais pas et toi?" 
"C'est quand même dommage..." 
"Oui, mais il doit certainement y avoir plein de choses à voir à Palawan" 
"Oui, nous verrons bien... on a pas beaucoup d'option" 
"Et pas beaucoup de temps non plus..."
Nous étions piégés. Nous nous sommes piégés. Nous aurions du prendre une journée de plus pour réfléchir aux autres options qui s'offraient à nous. Mais lorsque l'on a une idée fixe, difficile d'aborder les choses sous un autre angle. Nous savions que Palawan était touristique mais sa réputation d'ile incontournable nous faisait saliver.
J'ai essayé de me convaincre que j'aimerai lézarder durant 12 jours et tant pis pour Bohol.

Voilà. Maintenant on peut vous le dire, nos deux dernières semaines Philippines ont été un petit loupé. Très vite, mes appréhensions ont été confirmées: après deux jours de plage, l'ennui m'a envahi. D'autant plus que nous avons annulé l'une des destinations phare de l'ile (El nido) en cours de route pour deux raisons:  c'est apparemment magnifique mais surpeuplé en période du nouvel an chinois, nous n'avions pas envie de cela. La seconde raison c'est qu'il n'y a aucun moyen de retirer d'argent autre part qu'à Puerto Princessa. Je le savais mais, comment dirais-je, me suis totalement trompée dans mes calculs! Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas...on accumule parfois les coups du sort.

Alors aujourd'hui, si c'était à refaire, durant ces 5 minutes de remaniement de plan nous ferions autrement. Quitte à vouloir plus de flexibilité dans le voyage nous resterions sur l'ile principale de Luzon. Après le nord, les montagnes et les rizières nous nous rendrions à l'extrême sud-est de l'ile, dans la région nommée Bicol. Nous crapahuterions sur le volcan Mayon, nagerions avec les requins baleines et nous aménagerions de temps à autre quelques moments plage qui sont exquis à petite dose.

Malgré notre deuxième moitié de périple un peu tiède, les Philippines nous auront charmés. C'est un pays où il est facile de voyager (oui, c'est paradoxal) ou de communiquer (tout le monde parle anglais). Rien que pour avoir le plaisir d'échanger à nouveau avec ses habitants au fredonnement facile, au sourire coquin et à la bonne humeur communicative...nous y retournerions. Cette fois ci, certainement mieux organisés! 
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Port Barton, snorkelling et bon repas



Port Barton est un petit village de pêcheurs qui s'oriente de plus en plus vers le tourisme. Le sable y est clair, la mer transparente et les poissons nombreux. La vie y suit sont cours tranquillement bercée par le bruit des bankas (bateaux de pêcheurs) des chiens et des coqs.
Ici, tu viens pour te reposer, te baigner, te promener en bord de plage, découvrir les mangroves, te balader dans la forêt à la recherche d'une cascade qui ne vaut pas vraiment le détour, fouiller le sable pour dénicher le plus beau coquillage ou découvrir les poissons au large des petites iles avoisinantes.

Le temps d'une journée, nous nous prendrons donc pour des Snorky, masque vissé au crâne et tuba au bec pour aller scruter les fonds marins qui forment des paysages encore inédits à nos yeux.
Ce fut une pause de quelques jours plutôt agréable durant laquelle nous aurons le plaisir de trouver un restaurant local devant lequel s'empileront tous les soirs des dizaines de tongs de touristes tombés eux aussi sous le charme de cette cantine où nous mangerons de délicieuses spécialités philippines pour un prix dérisoire... il n'en fallait pas plus pour nous réjouir.
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Sabang, rivière souterraine, plage et rizières


Nous quittons l'île principale de Luzon pour vous emmener sur celle de Palawan, plus au sud. Longue de 400 km et relativement étroite, le tourisme s'y est énormément développé ces dernière années. Les gens y viennent pour la plage, la plage et la plage, ce qui à priori n'était pas fait pour me plaire et mais me faisait malgré tout espérer une surprise: celle du trouver du plaisir où je ne m'y attendais pas. Nous y reviendrons plus tard car pour le moment, il est l'heure de vous présenter Sabang.
C'est un village que l'on rejoindra depuis Puerto princessa (ville principale de l'ile) entassés comme des sardines dans leur boite durant une bonne matinée et seulement 70km dans un bus ayant bien fière allure et répondant au doux nom de Christ. Le décor était planté.

Venir à Sabang c'est avant tout découvrir sa rivière souterraine (plus d'informations par ici). Nous aurons la chance d'être conduits par un batelier plein d'humour qui saura nous faire apprécier la visite et oublier que nous sommes ici dans un circuit touristique bien huilé.
Les jours suivants, nous nous rendrons dans la campagne avoisinante admirer les multiples pics karstiques émergeant des rizières afin de ponctuer le quotidien d'autres activités que baignade-en-mer et lecture-sous-ombre-de-cocotier (parce que si tu tiens à la vie tu évites généralement de rester sous le cocotier).
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Paoay, sable et vieilles pierres


Quelques heures de bus et un tricycle (roulant à toute vitesse) plus tard, nous arrivons à Paoay.
Mis à part visiter sa belle église baroque et faire un tour dans se dunes, il n'y a pas grand chose à faire dans la ville....ce fut une petite étape malgré tout agréable avant de retourner à Manille et de nous envoler pour le sud.
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Vigan, un joli mélange



Le trajet pour relier Banaue à Vigan ne fut pas de tout repos. Nous ferons un détour inutile jusqu'à Sagada (parce que lorsqu'ils ne savent pas, les philippins te donnent malgré tout des renseignements...) enchainerons 5 minibus dans la même journée et traverserons la magnifique chaine montagneuse du nord.
Il est agréable de se laisser aller dans les rues pavées du vieux centre de Vigan. Ici, plus que partout ailleurs on peut y sentir la présence du passé colonial espagnol dans son architecture parfois laissée à l'abandon mais toujours charmante.
Après avoir parcouru le centre historique, nous sortirons de la ville pour découvrir un lieu plein de poésie, le Hidden Garden (comprenez jardin caché). Ce sera l'occasion d'y déguster un délicieux jus banane-mangue histoire de poursuivre notre parcours gastronomique débuté le midi même au grand marché couvert de la ville.
Vigan est un drôle de mélange entre orient et culture latine. On y mange des empanadas, on y boit du ginebra, on y entend le coq, on y va à la messe le soir, on y circule en tricycle, on y donne de l'importance aux plantes de compagnie, on y joue des karaokés enflammés, on y écoute de la musique américaine des années 80...
Tout au long de notre itinéraire philippin nous sentirons ce métissage culturel qui donne certainement à l'archipel une atmosphère bien différente de celle des autres pays d'asie.
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Plongée dans les rizières, journée 3


Lors de notre dernière journée, nous rejoindrons les hauteurs du village de Bangaan (dans lequel nous aurions bien passé une nuit) en compagnie de deux autres couples dans une ambiance bon enfant pour ensuite rejoindre Banaue en tricycle (prononcez à l'anglaise "trailcikeul", comprenez tuk-tuk).
Très souvent réticents aux tours avec guide, nous terminerons le voyage ravis de la compagnie d'Ephraim. Anglophone mais maniant certaines expressions de la langue de Molière, il nous étonnera chaque jour avec un "ça roule ma poule", "bonjour les bolos", "c'est parti mon kiki", "ça va ma couille" et j'en passe. Nous n'aurions pu rêver meilleur guide. Bout-en-train né il aura su ponctuer notre quotidien d'enseignements (culturels et culinaires...bientôt dans la rubrique "miam ou pas") mais aussi de fous rires.
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Plongée dans les rizières, jour 2


Le deuxième jour nous a mené jusqu'à Batad, village paisible niché au cœur des montagnes dont les rizières sont classées au patrimoine mondial de l'Unesco. Ici, contrairement à celles croisées la veille, les terrasses sont soutenues par d'immenses murets de pierre. Il aura fallu pas moins de 2 000 ans pour façonner ce paysage graphique et poétique. Le spectacle est simplement magique, il n'y a pas grand chose à ajouter...
Enfin presque rien, si ce n'est un tout petit détail qui vaut son pesant d'or mais que l'on s'abstient de t'évoquer lorsque tu t'engages dans ces trois jours de marche: c'est qu'une rizière peut être néfaste pour la santé.
Imaginez vous être sur un chemin d'une trentaine de centimètres, bien souvent fait de pierre et de boue et par conséquent très souvent glissant, sur lequel il va falloir déambuler durant des heures entre le vide (la hauteur des terrasses est comprise entre 3 et 6 mètres) et la terrasse fraichement plantée que vous souhaiteriez ne pas abimer (mais aussi parce que vous n'avez pas envie d'avoir les pieds trempés).
Pour qui n'a pas le vertige, l'exercice n'est pas compliqué...j'ai de la chance de faire partie de ceux là. Par contre pour les autres, la balade peut vite se transformer en exercice d’équilibriste périlleux. Vinz, touché par ce mal difficilement contrôlable s'en tirera indemne, ce qui, aux dires d'Ephi (on vous passera les détails des accidents qui ont lieu ici) ne serait pas le cas de tout le monde.
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Plongée dans les rizières, jour 1


Après Manille, nous nous dirigerons vers le nord de l'ile de Luzon dans la région montagneuse de Banaue (prononcez "banaoué"). La ville ne nous semblera pas extraordinaire au premier abord...et ne le sera pas non plus au second. Son véritable atout réside dans le fait qu'elle est le point de départ de nombreuses randonnées dans les vallées alentours...et aussi d'héberger la meilleure pâtisserie de notre séjour Philippin (non, non, nous ne faisons aucune fixation sur le sucre).
Nous y arriverons au petit matin, suite à une nuit de bus inconfortable, pimentée par la rencontre d'un américain méchamment acoquiné à la bière tentant de nous apprendre un jeu de carte (à la lumière de la frontale) dont personne sur terre n'a certainement jamais entendu parlé.

En sortant du bus sous le soleil levant et le crachin, nous feront la rencontre d'Ephraim, philippin souriant, bienveillant et plein de bon conseils qui deviendra finalement notre guide durant les trois jours qui suivront. Le lendemain de notre arrivée à Banaue nous partons donc plein de motivation pour une longue balade à travers montagne et rizières.
Cette première journée nous fera passer par Pula, petit village endormi dans lequel nous pique-niqueront un très bon poulet-riz savamment choisi par Ephi (et oui, il aime les petits noms notre guide) pour enfin rejoindre Cambulo (prononcer "camboulo") où nous passerons la nuit.
Le ciel voilé qui nous accompagnera n'entachera en rien la beauté des paysages traversés ou notre émerveillement quand nous apercevrons pour la première fois cette vallée découpée de rizières.

La soirée sera l'occasion de faire plus ample connaissance avec Ephi et la culture philippine qu'il saura nous conter dans une bonne humeur communicative. Nous la passerons également en compagnie d'Arthur et Perrine (couple de français rencontrés durant la journée ) et de leurs guides (deux frères dont l'ainé apprenait au cadet le chemin emprunté pour les 3 jours de randonnée).
Loin de leur famille durant plusieurs jours, les guides ont pour rituel de se retrouver entre eux le soir venu et de siroter non sans vigueur, quelques bouteilles de Ginebra, gin philippin au taux d'alcool pouvant allumer n'importe quel feu.
Petits joueurs et surtout bien fatigués, nous les abandonnerons pour mieux les retrouver le lendemain et affronter le dédale de rizières qui nous attendait...vertigineuses, c'est le moins que l'on puisse dire.
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Bienvenue en Asie


Une première. La première fois que l'on pose un orteil en Asie. Cette perspective nous ravissait autant qu'elle nous faisait peur. Après un mois au frai et quelque peu isolés de tout bain de foule, nous nous imaginions perdus à Manille à 18h, dans la nuit, la chaleur et l'humidité. Nous ne savions pas à quoi nous attendre et n'avions croisé personne qui ne nous avait dit de bien de la ville. Alors comme à chaque fois que les choses se passent ainsi, nous avons apprécié.
Effervescente, polluée, grondante, agitée, odorante. Manille est impressionnante, multiple. Ici, pauvreté et richesse se côtoient sur le même bout de trottoir sans que cela ne semble interroger personne. Chacun fait ce qu'il a à faire pour vivre. Au pied des grands mall (centres commerciaux flambant neufs) des vendeurs de rue, à côté de l’hôtel haut standing un bidonville, ici et là des vieux blancs avec de jeunes philippines... Manille est ainsi faite et peut repousser à bien des égards. Mais elle ne se résume pas à cela.
Nous y sommes restés quelques jours, à flâner dans les rues, visiter "Intramuros" (quartier historique conservant une architecture coloniale espagnole), goûter les gourmandises locales, profiter de la belle lumière de fin de journée, ou discuter avec les gens afin de s’imprégner de cette Asie que l'on commençait à peine à découvrir et qui nous donnait l'impression d'être bien vivant.
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